Les communications par textos, par courriels, par IA interposées ou même une rencontre virtuelle dans le confort de votre foyer ne remplaceront jamais l’impact d’une discussion dans le blanc des yeux, en chair et en os, dans le même décor réel. Je n’ai jamais encore entendu parler de leadership virtuel. La raison est simple : se cacher derrière la technologie pour dresser des attentes non négociables, exprimer une opinion dissidente ou endosser une décision difficile, c’est un manque de courage managérial, donc une absence de leadership. Encore plus vrai s’il s’agit d’éviter la confrontation en «ghostant» derrière votre ordinateur par crainte de décevoir ou par incapacité à dire «NON». Vous ne pouvez pas laisser les comportements adoptés sur les réseaux sociaux venir intoxiquer vos dynamiques organisationnelles. Comment rendre vos gestionnaires confortables à s’adresser à leur équipe directement?
D’abord, proposez un cadre de communication formel, mais flexible. Une structure de communication dans laquelle chacun repère un point de rencontre officiel pour partager ses idées ou poser ses questions démontre l’importance que vous accordez à l’ensemble de vos employés. Formel par souci de récurrence et de transparence, flexible pour tenir compte de la réalité de vos opérations. Forcer une rencontre non prioritaire au milieu d’une journée où les urgences se multiplient, ce n’est pas faire une fleur à votre équipe. En même temps, annuler une rencontre sans la remettre parce que tout autour semble plus prioritaire, ce n’est pas signe d’une grande maturité organisationnelle. Surtout, déployer l’IA pour vous résumer une rencontre ne remplacera pas votre présence active. Mieux vaut être à la bonne place pour les bonnes raisons que partout sans raison. Il va de soi de trouver le juste milieu en adaptant la fréquence au réel besoin des gens pour adresser leurs irritants ou proposer leurs solutions.
Dans un second temps, il faut être conscient des besoins motivationnels de vos gestionnaires. En mesurant le niveau d’intensité du trait de personnalité fondamental qu’est le caractère agréable d’un individu, vous aurez déjà un indice de son besoin d’harmonie universelle versus son besoin de livrer le fond de sa pensée à tout prix. Votre organisation possède peut-être des mesurables opérationnels. Elle devrait aussi se doter de mesurables relationnels pour pouvoir établir des stratégies et des tactiques plus facilement exécutables parce que plus facilement transférables en considération des gens.
En ayant un cadre applicable de façon équitable et une connaissance de la posture naturelle de communication de vos gestionnaires, vous aurez les moyens de leur permettre de tenir des réunions à leur image en venant supporter leurs points d’inconfort. Vous pourrez les aider à cerner l’objectif du message à passer ou l’information à récolter. Vous pourrez octroyer les bons rôles aux bonnes personnes durant les rencontres et plus facilement déléguer vos communications en ayant confiance qu’elles se transmettent en reflétant les bonnes intentions. Vous les préparerez à faire face aux différentes opinions ou aux idées des employés avec une écoute constructive. Tout ça, parce que vous aurez un système de communication en place et la conscience des gens qui le font vivre.
La technologie devrait être le support à une communication à la fois réfléchie et incarnée par le gestionnaire. Un messager qui se repose celle-ci pour lui faire comprendre le sens du message à livrer ou l’objectif de sa réunion ne prend pas un raccourci, mais bien un détour.
Vous doutez de la compréhension de vos intentions par vos employés? Analysez votre structure organisationnelle et mesurez vos propres talents et ceux de vos gestionnaires en communication. C’est déjà un bon départ et le signe d’un désir honnête d’amélioration pour maintenir des relations saines. C’est aussi plus responsable que de s’en remettre les yeux fermés à Claude et Chat GPT.